Pour solliciter l'agrément, la structure doit d'abord relever du périmètre de l'ESS au sens de l'article 1er de la loi du 31 juillet 2014. Sont d’emblée inclus les associations, fondations, fonds de dotation, coopératives et mutuelles.
Les sociétés commerciales y sont éligibles uniquement si elles respectent les critères d'appartenance à l'ESS, à savoir un but autre que le partage des bénéfices, une gouvernance démocratique, et une lucrativité limitée qui impose notamment de réinvestir la majorité des bénéfices dans le développement de l’activité.
Au-delà, l'article L. 3332-17-1 du code du travail distingue deux régimes d'accès à l'agrément ESUS.
Certaines structures bénéficient de l'agrément de plein droit : elles sont présumées remplir la condition d'utilité sociale, mais doivent tout de même déposer un dossier, allégé, pour justifier du respect des conditions de rémunération et de non-cotation des titres. Sont notamment concernés les établissement et services d’accompagnement par le travail (ESAT), les entreprises d'insertion, les entreprises adaptées, certains organises d’insertion sociale et d’aides au logement, ainsi que les associations et fondations reconnues d'utilité publique dont l’objet présente une utilité sociale.
Les autres structures doivent respecter l’ensemble des critères suivants :
- Poursuivre à titre principal un objectif d'utilité sociale, au sens de l'article 2 de la loi du 31 juillet 2014 : soutien aux personnes fragilisées, cohésion territoriale, éducation à la citoyenneté et réduction des inégalités sociales, transition écologique, et, depuis, 2024 préservation des monuments historiques et sites protégés. Cette finalité d’utilité sociale doit figurer dans leurs statuts.
- Démontrer que les charges induites par l’objectif d’utilité sociale ont un impact significatif sur leur compte de résultat.
- Respecter une politique de rémunération encadrée (moyenne des cinq meilleures rémunérations inférieures à sept fois le SMIC, plus haute rémunération inférieure à dix fois le SMIC).
- Ne pas voir leurs titres de capital admis sur un marché financier.
En pratique, ces critères sont aisément satisfaits pour les organismes à but non-lucratif. Mais leur application est beaucoup plus exigeante pour les sociétés commerciales, qui, il est vrai, bénéficient en retour d’avantages plus conséquents.